Hunger-Games-3-la-Revolte

<3<3

Date de sortie : 19 novembre 2014 (2h03)

Réalisateur : Francis Lawrence (De l'eau pour les éléphants)

Avec : Jennifer Lawrence (Winter's Bone, X-men le commencement), Josh Hutcherson (Voyage au centre de la terre, The kids all right, Le secret de térabithia), Liam Hemsworth (The last song),Elisabeth Banks ( Dos au mur, Pur sang la légende de Seabiscuit, Ce qui vous attend quand vous aurez un enfant)Woody Harrelson ( Bienvenue à Zombieland, Sept vie, Sexe entre amies)Stanley Tucci ( Le terminal, Le diable s'habille en Prada, Les sentiers de la perdition, Burlesque)Philip Seymour Hoffman (Good Morning England, The Big Lebrowski ), Julianne Moore (Non stop, The big Lewboski)

Synopsis :

Katniss Everdeen s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin, chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta et libérer le pays tout entier, à qui son courage a redonné espoir.

Mon avis :

Un de mes romans préféré prend encore une fois vie. Depuis que Katniss a détruit l’arène des Hunger Games, la plupart des districts sont en proie à une rébellion sans précédent contre le Capitole. Plus de jeux, donc : l’atmosphère est ici celle d’une planque rebelle, immédiatement saisie d’un sentiment de dissimulation contrainte. Au milieu de ce gigantesque quartier sous-terrain, apparaît, essoufflée, inquiète, terrassée, Jennifer Lawrence. En un instant, elle inonde l’espace, surplombe l’écran et en impose bien plus que lors de ses récentes sorties.

Si, à ce moment-là, elle monopolise toutes les attentions, c’est aussi car derrière elle, il n’y a pas grand chose. Volontaire ou pas, ce choix de démarrer le film par une longue introduction contemplative, laissant place aux souvenirs et à la découverte de la récolte de ce qu’elle a semée, a de quoi laisser perplexe plus d’un spectateur, surtout celui (en quantité non négligeable) présent pour retrouver l’adrénaline quasi-hystérique de L’embrasement. En réalité, ceci s’avère bien plus audacieux que l’eut été une énième baston, d’autant plus qu’elle n’aurait absolument rien eu à faire là. On découvre alors le District 12, ou plutôt ce qu’il en reste, c’est-à-dire débris, corps sans vies et désolation. Désormais, Katniss, auparavant plus préoccupée par le sort de son Peeta, en prend pleinement conscience : elle est devenue, bien malgré elle, le symbole de la rébellion.

un-nouveau-trailer-pour-hunger-games-3

Inopinément, le film porte en lui une réflexion très intéressante : Miss Everdeen doit alors se plier aux règles du clan qui dirige les rebelles, plus ou moins obligée de tourner des clips de propagande incitant les habitants de Panem à prendre les armes et à se soulever. Maquillée, rehaussée par une esplanade centrale, une scène fait écho à toute sa carrière : récitant un texte, au centre de toutes les attentions contre son gré, toujours avec cette maladresse récurrente qui la caractérise. Au-delà de la belle parabole personnelle, quasi clin d’œil à son actrice phare, se pose alors la question de l’image. Arme de communication redoutable, diffusée sur des canaux piratés, le constat, à la forme ultra-moderne, est en fait assez cynique : les deux clans utilisent exactement les mêmes méthodes, tentant à tout prix de rallier l’opinion publique, derrière une armada de mise en scène et de caméras. Un peu comme le cinéma, au fond. Et si les causes de leur combat diffèrent (l’un protège les oligarques, l’autre revendique la justice sociale), les effets produits, eux, sont strictement identiques : combats, actions terroristes, et vie humaines sacrifiées.

hunger-games-3-la-revolte-partie-1-photo-5417fc543dad0

C’est une belle réussite qu’est ce Hunger Games-là. Pas toujours captivant, offrant néanmoins de belles réflexions sur la construction d’une figure héroïque, et sublimé par la présence d’une J-Law meurtrie, cet avant-dernier épisode – moins divertissant que développé – propose une mise en abyme d’une ironie jubilatoire : et si la Partie 1 n’était qu’un gigantesque « propa-clip » destiné à promouvoir… la Partie 2, attendue fin 2015 ?

 

*Bande annonce*