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Date de sortie :  19 décembre 2012 ( Drame-Américain )

Réalisateur : Ang Lee ( Brokeback Mountain )

Avec : Suraj Sharma, Irrfan Khan (Amasing Spider-man), Tabu et apparition de Gérard Depardieu

Synopsis :

Après une enfance passée à Pondichéry en Inde, Pi Patel, 17 ans, embarque avec sa famille pour le Canada où l’attend une nouvelle vie. Mais son destin est bouleversé par le naufrage spectaculaire du cargo en pleine mer. Il se retrouve seul survivant à bord d'un canot de sauvetage. Seul, ou presque... Richard Parker, splendide et féroce tigre du Bengale est aussi du voyage. L’instinct de survie des deux naufragés leur fera vivre une odyssée hors du commun au cours de laquelle Pi devra développer son ingéniosité et faire preuve d’un courage insoupçonné pour survivre à cette aventure incroyable.

Mon avis :

Quelle incroyable histoire ! Une véritable « odyssée » en effet, que cette vie de « Pi » : celle d’un jeune homme parti avec sa famille et un véritable zoo flottant sur un cargo, qui prend malheureusement l’eau en plein océan… Bien vite, le garçon se retrouve seul dans une barque en compagnie d’un zèbre, d’un singe, d’une hyène et d’un tigre, qui va bientôt rester son seul compagnon de naufrage… et la vie n’est pas facile tous les jours dans une embarcation aussi étroite avec un féroce félin affamé !

Le taiwanais Ang Lee, réalisateur du meilleur ("Garçon d’honneur ", " Brokeback Mountain "…) comme du moins bon (" Hulk"), se lance à bras ouvert et avec une énergie communicative dans un projet casse-gueule au possible ! Déjà, l’histoire en elle-même, tirée d’un roman paraît-il merveilleux, prête à suspicion, mais l’idée même de son adaptation pour le grand écran, pour un film en images" réelles" (certes truffées d’effets spéciaux), aurait très bien pu se révéler complètement ratée ou parfaitement risible… Or, non : "L’odyssée de Pi "est tout le contraire !

Il faut dire que le cinéaste y fait très clairement le " pari du cinéma", soit celui du principe que cet art "merveilleux" peut tout dire, tout montrer avec la même conviction, sans le risque du ridicule, pourvu que l’on ait tout simplement la foi en ce qu’on fait… Aidé par un imaginaire débordant et des images grandioses (les tempêtes en plein océan, le naufrage, l’escale sur une île étrange peuplée de petites créatures sympathiques, l’épisode de la baleine ou des poissons volants… etc.), Ang Lee possède justement cette foi inébranlable en son film, qui lui permet de nous emporter où il veut et de nous laisser croire à l’inimaginable… C’est exactement la force du plus merveilleux des arts (pour moi en tout cas) !

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Mais en plus du pouvoir évocateur immense de ses images, soutenu par le talent sincère du jeune acteur Suraj Sharma, ce film se révèle traversé d’une profondeur et d’une philosophie surprenante… Le débat entre l’homme et l’animal, l’animalité en l’homme, les circonstances qui peuvent nous faire renier nos convictions les plus intimes, les autres qui peuvent nous faire agir de la façon la plus terrible, nous faire commettre malgré nous les actes les plus innommables avec lesquels on devra vivre le reste de sa vie… Si Dieu cristallise de nombreuses réflexions, c’est avec une intelligence et une diversité assez rare et bienvenue : la multiplicité des religions (que le jeune héros voudrait toutes embrasser), l’idée de l’absence de Dieu, et surtout ce coup de folie déchirant en pleine tempête, pris dans la tourmente de la fureur océane, où la solitude du garçon se heurte à une absence totale de réponses à toutes ses questions…

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Avec une jolie simplicité, Ang Lee trace les contours de l’existentialisme et nous balade avec ludisme entre mensonge et vérité. A l’issue de son odyssée, Pi est poussé dans ses retranchements devant l’histoire littéralement incroyable qu’il raconte. Contraint de proposer une autre version des faits, plus crédible mais aussi plus sombre, il laisse néanmoins planer le doute, laissant entrevoir qu’au fond la vérité n’est pas dans les faits, mais plutôt dans le sens que l’on donne aux histoires que l’on raconte…

*Bande annonce*