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Date de sortie : 27 mars 2013 (comédie - Espagnol)

Réalisateur : Pedro Almodovar (La piel que Habito)

Avec : Javier Camara (Parle avec elle), Carlos Areces (Les Sorcières de Zugarramurdi ), Raul Arévalo, Lola Duenas (Volver, Les femmes du 6em étage),  Cecilia Roth (Parle à ma mére), Hugo Silva (Les Sorcières de Zugarramurdi) Antonio de la Torre (Family United) et apparation d'Antonio Banderas et Penelope Cruz

Synopsis :

Des personnages hauts en couleurs pensent vivre leurs dernières heures à bord d’un avion à destination de Mexico. Une panne technique (une sorte de négligence justifiée, même si cela semble contradictoire ; mais, après tout, les actes humains le sont) met en danger la vie des personnes qui voyagent sur le vol 2549 de la compagnie Península.

Mon avis :

Les amants passagers : sexe, drogue et délires ! 

Nous connaissons tous au moins un film de Pedro Almodovar : avec son style coloré, gay et décalé, le réalisateur espagnol arrive encore à surprendre. La preuve. Avec « Les amants passagers » – « Los amantes pasajeros » en version originale – Almodovar renoue avec la comédie farfelue et surréaliste, un genre absent de sa filmographie depuis 1993 et le film « Kika ». Alors prêts à embarquer dans un huis clos dans un avion ? Décollage immédiat pour un monde complètement fou.

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Dès le début, un petit mot nous prévient que les personnages ainsi que l’histoire sont fictifs. Au moins, tout est dit : on ne va pas se prendre au sérieux durant ce film. Après La piel que habito en 2011, film dur et triste, Almodovar renoue avec la comédie des années 80. Absurde, délirant et osé, Les amants passagers ne connait aucune limite. Les héros du film lèvent le coude, prennent des substances illicites et s’envoient en l’air tout en essayant de faire la paix avec leurs proches par téléphone. Il faut bien avouer que ce n’est pas le meilleur film du réalisateur, mais le public prend un bien fou à regarder ces situations loufoques s’enchainer.

Comme d’habitude, les acteurs très proches d’Almodovar sont là – dont un bref passage de deux de ces acteurs fétiches Pénélope Cruz et Antonio Banderas – mais on peut aussi retrouver Cecilia Roth et Lola Duenas qui jouent à merveille le rôle de passagères qui vont voir leur destin changer. Et que dire du trio Javier Càmara (Parle avec Elle), Carlos Areces (l’excellent Balada Triste) et Raúl Arévalo, trois stewards à l’homosexualité festive et débridée. Au programme cocktail à la mescaline, partouze dans les coursives, du poste de pilotage aux travées de la classe économique, et chorégraphie libidineuse sur I’m so exited des Pointed Sisters. Des scènes vraiment très drôles.

L’artifice et la théâtralité des situations sont assumées : les rideaux séparant les stewards du reste de l’équipage, véritable lieu de débauche fait penser aux coulisses d’un théâtre. Avec des couleurs psychédéliques, des décors et des costumes proches d’un tableau d’Andy Warhol et des répliques très bien écrites : les bases de la comédie sont présentes. Et pourtant, il y a deux moments du film où le ton est plus grave et triste. Seul le réalisateur espagnol, réussit à faire passer du rire aux larmes en une fraction de seconde. C’est la classe !

Alors oui on pourra dire qu’il n’y a rien de bien nouveau dans Les amants passagers pour les aficionados du cinéma d’Almodóvar. Cependant, ce 21ème long-métrage est drôle, savoureux et donne encore beaucoup de plaisir. Surtout dans le contexte actuel en France, on envie la liberté du réalisateur espagnol. On en redemande, à quand le prochain Pedro ?

*Bande annonce*