The Art and Making of Hotel Transylvania

<3

Date de sortie : 20 mars 2013 (Comédie, épouvante, romance - Américaine)

Réalisateur : Jonathan Levine (Tous les garçons aiment Mandy Lane)

Avec : Nicholas Hoult (Skins, X-Men le commencement), Teresa Palmer (December Boy, Histoire enchantée, Numéro 4), Analeigh Tipton (Crazy Stupid Love), Rob Corddry ( Harnold et Kumar, Jackpot)

Synopsis :

Un mystérieux virus a détruit toute civilisation. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés, redoutant leurs anciens semblables devenus des monstres dévoreurs de chair. 
R, un mort-vivant romantique, sauve contre toute attente Julie, une adorable survivante, et la protège de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps… Elle-même découvre chez ce zombie différent autre chose qu’un regard vide et des gestes de momie…
Perturbée par ses sentiments, Julie retourne dans sa cité fortifiée où son père a levé une armée. R, de plus en plus humain, est désormais convaincu que sa relation avec Julie pourrait sauver l’espèce entière… Pourtant, en cherchant à revoir Julie, il va déclencher l’ultime guerre entre les vivants et les morts. Les chances de survie de ce couple unique sont de plus en plus fragiles…

Mon avis :

Après " Shaun of the dead" ou "Bienvenue à Zombieland", la comédie zombiphile demeure à la mode avec ce nouveau film plutôt sympathique, "Warm Bodies", du réalisateur de "Tout les garçons aiment Mandy Lane" ...

Inspiré d’un roman d’Isaac Marion, l’intérêt ici est de raconter l’histoire du point de vue d’un personnage de zombie, dont on entend la voix off afin de saisir son regard sur le monde qui l’entoure. Il ne se souvient plus vraiment de sa vie passée (à part des bribes, comme la première lettre de son prénom, « R », qui deviendra d’ailleurs son patronyme dans le film), mais sa façon de décrire le monde, à la fois approximative et faussement naïve, toujours teintée d’un humour savoureux, permet parfois de belles petites piques d’ironie à l’égard de notre civilisation. On retiendra pour l’exemple cette scène où il évolue parmi une foule d’autres zombies dans un aéroport, tous parfaitement indifférents les uns aux autres, tout en se souvenant d’une vie passée idyllique où tout le monde pouvait communiquer avec tout le monde, mais décrite à l’écran via des masses humaines se heurtant sans se regarder, trop affairées à utiliser leurs téléphones portables… Ce monde de zombies ne serait-il alors qu’une métaphore de notre monde moderne, où la consommation et les excès de (télé)communication ont finalement détruit la socialisation et la communication véritable ?

warm-bodies

Si R. ne se souvient plus comment le monde est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est finalement pour ne pas s’étendre sur des explications inutiles face à ce qui le préoccupe au présent : sa rencontre avec une " vivante ", dont il tombe amoureux… Si leur idylle débute sur un sacré malentendu [/!\ SPOILER](R. mange le cerveau du petit ami de la jeune fille, ce qui lui permet d’ailleurs de mieux la connaître en héritant des souvenirs du cerveau ingéré : joli trouvaille scénaristique au passage !),  il est bien sûr évident que ces deux là finiront ensemble, sur la trame narrative vieille comme le monde mais pourtant inusable de " Roméo et Juliette" : deux êtres issus de clans que tout oppose, etc...

Bref..ce film se transforme alors en comédie romantique un peu gore et gentiment parodique, où l’amour finit par faire battre le cœur des zombies et les faire revenir à la vie… Belle métaphore, encore une fois, de notre société où la marchandisation de l’amour a complètement perverti la pureté du sentiment ! Si le propos du long métrage ne vole certes pas forcément très haut et si son happy end tout mignon le fait tendre du côté de la romance fantastique pour ado' (on demeure cependant bien loin de la mièvrerie d’un "Twilight", nulle inquiétude !), on reste pourtant sous le charme de ce conte légèrement subversif, en outre joliment incarné par d’attachants jeunes acteurs, à commencer par Nicholas Hoult, remarqué dans les deux premières (meilleures) saisons de la série " Skins  et la bande-son se charge du dynamisme de manière efficace avec M83 en tête.

Résultat : l’alchimie avec le spectateur est belle et bien là. Que demander de plus ? Un bon divertissement que l’on n’a pas vu venir.

 

*Bande annonce*