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Date de sortie : 22 Aôut 2012 (Animation Américaine)

Réalisateur : Sam Fell (Souris City) et Xhris Butler

Synopsis :

Blithe Hollow, petite ville de Nouvelle-Angleterre, est attaquée par des zombies et la malédiction de la sorcière. Seul un garçon incompris, Norman Babcock, a la possibilité de parler avec les morts et est capable d'empêcher la destruction de la ville par le fantôme d'une sorcière pendue plusieurs siècles auparavant.

Mon avis :

Norman Babcock est un jeune garçon qui a une affinité pour le cinéma d'horreur, mais qui possède aussi le don de voir les morts. A cause de son pouvoir, ce petit fan d'horreur est constamment raillé par ses camarades, car personne ne le croit (tel le gamin de "Sixième sens") et préfère se mettre à l'écart des autres. Lorsque sa ville, dont le business touristique tourne autour d'une histoire de sorcière vieille de 300 ans, devient le théatre de la malédiction de cette dernière, Norman se retrouve seul pour contrer l'arrivée d'une armée de zombies...

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La nouvelle création des studios d'animation Laika, à qui l'on doit le remarquable "Coraline", est une merveille qui doit autant à un scénario légèrement transgressif qu'à son univers au dessin à la fois mignon et grotesque .Récit dans lequelle l'histoire est centré sur un anti-héros (un garçon timide qui est le souffre-douleur des plus grands et de sa "Barbie" de sœur) le film pâtit cependant d'un scénario sans surprise, qui déroule tranquillement sa prophétie annoncée par un oncle clochard plutôt repoussant, autour d'une vieille légende locale de sorcellerie. Le soin apporté aux décors et aux cadrages, les amusantes allusions aux classiques des films d'épouvante ("Vendredi 13", "L'exorciste"...) ne réussissent pas à masquer un certain manque de rythme, compensé partiellement par une construction qui sait ménager un certain suspense, dont la dérniére demi-heure qui est pleines d'émotions.

D'une éblouissante maitrise visuelle, le film surprend encore plus lorsqu'il dévie du film tout public lambda pour aborder, au détour de quelques scènes mémorables, les thématiques liées à l'au-delà et la discrimination. A la fois gentiment drole et remarquablement mature, "ParaNorman" (titre original, je le préfére à celui de la traduction Française !) est une gaterie pour les yeux qui ne s'accompagne pas d'un message ou d'une quelconque observation sociale, mais qui par le biais de l'humour et de la tolérance, fait le constat de la terrible et éternelle condition humaine: la mise au rebut et la persecution de ses semblables.

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Ce film d'animation plaira à coup sûr, à tout les fans de l'univers baroque et sombre de Burton, et ne laissera pas de marbre ceux qui aime les univers légérement décallé.

 

*Bande annonce*

 

Un petit plus !

Je voulais aussi vous faire part de mes clins d'œil vu dans ce film qui me disait vaguement quelque chose alors aprés avoir fait quelque recherche, j'ai réusst à trouver :

Les films de la Hammer :

Le studio anglais spécialisé dans les films d'épouvante a livré une quantité impressionnante de récits où vampires, monstres et autres momies sont venus hanter la vie des gens. Ici, les clins d'oeil sont nombreux: Norman qui se retrouve saucissonné comme une momie dans les toilettes de l'école, ou des revenants dont les traits émaciés rappellent ceux de Peter Cushing etChristopher Lee, deux acteurs vedettes de la Hammer.

Du Vendredi 13 à Scoubidou :

Les réalisateurs reprennent à leur compte l'imagerie des années 70-80, où l'épouvante soft (le van conduit par le frère de Nick) rappelle les aventures de la bande à Scoubidou, mais aussi les récits plus flippants de la saga Vendredi 13, dont le mythique masque de hockey fait une apparition dans le film.

George A. Romero et John Carpenter :

De Zombie à Assaut, les références aux morts-vivants sont ici omniprésentes. Lorsque la petite équipe est prisonnière de la mairie, et qu'à l'extérieur la foule gronde en tentant d'entrer par tous les moyens, on pense au centre commercial de Zombie, ou au commissariat d'Assaut. Jon Brion, qui a composé la musique du film, s'est aussi amusé à imiter les sonorités synthétiques brutes dont John Carpenter remplissait ses bandes originales.

L'univers à la Tim Burton :

Le co-créateur des Noces funèbres et de Frankenweenie s'impose comme une synthèse évidente de beaucoup des références de L'étrange pouvoir de Norman. Outre la reprise à son compte de la technique du stop-motion, la thématique du film évoque l'omniprésence de la mort comme dans les travaux de Burton, ainsi que la description d'un enfant-freak, dont les différences lui interdisent l'accès au monde normal. Le film ose aborder du deuil, et son imagerie macabre. Même si l'humour affleure régulièrement, il demeure une atmosphère émouvante qui en fait un film très à part. On pense aussi au très beau film d'animation Coraline dont la singularité avait réservé le même sort qu'à ses héros: ne pas s'ouvrir au monde et trouver son public. Dans le cas de L'étrange pouvoir de Norman, ça serait tout aussi regrettable ;)